Le PDIPR, cet inconnu ...

Sous ce sigle se cache sans aucun doute une étape majeure pour le développement de la randonnée en France. Rappelons que le vote de la loi instituant le Plan Départemental des Itinéraires Pédestres et de Randonnées (PDIPR), a été l'objet d'un combat de longue haleine auquel la FFRandonnée a largement pris part.

L'objectif des PDIPR

Si les articles de la loi de 1983 et la circulaire de 1998 sont peu précis quant aux modalités de réalisation des plans, ils leur donnent une philosophie claire qui peut être résumée ainsi : favoriser la découverte des sites naturels et de paysages ruraux en développant la pratique de la randonnée, la continuité des itinéraires et la conservation des chemins ruraux étant les deux moyens apportés par la loi.

Les innovations

Les itinéraires de promenade et de randonnée non motorisée sont institués par la loi sans distinction des types de randonnée (bien que les départements aient toute latitude pour délimiter éventuellement les types de pratiques concernées).
La loi constitue une prise en compte de la "randonnée promenade", ce qui représentait une nouveauté dans un contexte où la randonnée était souvent assimilée de manière restrictive aux GR®, itinéraires de Grande Randonnée.

L'objectif de préservation du patrimoine des chemins et sentiers est clairement indiqué par l'obligation de maintenir en l'état les chemins ruraux dans le souci d'une mise en réserve ou de rétablir les chemins ruraux aliénés ou supprimés.

Fondements et limites juridiques
La protection juridique conférée aux chemins par les PDIPR n'est efficiente qu'une fois la plan adopté (approuvé par un vote de l'Assemblée Départementale). Or la loi n'impose aucune date limite pour cette adoption.
Les communes doivent également délibérer favorablement pour l'inscription au plan de leurs chemins ruraux. Leur rôle dans l'efficacité du dispositif est donc déterminant.
L'obligation de maintien ou de rétablissement de la continuité ne concerne que les chemins ruraux et pas ceux du domaine privé des particuliers. Le passage de randonneurs sur un domaine privé dépend en effet de l'accord du propriétaire, concrétisé par une convention de passage qu'il peut dénoncer à tout moment.
Autant pour le propriétaire privé que pour la commune, l'inscription d'un chemin au PDIPR a l'inconvénient de représenter un coût financier (charge de l'entretien). Ce coût peut être compensé par une prise en charge du Conseil Général , encore faut-il que ce dernier s'en donne les moyens, notamment en décidant de lever la Taxe Départementale des Espaces Naturels Sensibles.
Le PDIPR peut occasionner parfois (quand la convention de passage le spécifie), des transferts de responsabilités des propriétaires vers le conseil général à l'occasion de l'inscription de chemins privés.

Le cas des chemins ruraux et le rôle des représentants de la randonnée

Conclusion

Rappelons enfin que les PDIPR ne sont pas seulement des documents administratifs de protection du patrimoine des chemins. Ils doivent s'accompagner d'une politique de mise en valeur et de promotion des itinéraires, sans quoi l'objectif initial de développement de la randonnée ne saurait être atteint.

Référence législatives

Pour l'instauration des PDIPR :
loi n°83-663 du 22/7/1983 - J.O. du 23/7/1983
décret n°86-197 du 6/1/1986 - J.O. du 12/2/1986
Pour la mise en place du PDIPR :
circulaire du 30/8/1988 - J.O. du 10/12/1988
Pour la circulation des véhicules motorisés :
loi n°91-2 du 3/1/1991 - J.O. du 5/1/1991
décret n°92-258 du 20/3/1992

Extrait d'une fiche de synthèse réalisée par MAP Consultant (Hervé Foucher) à la demande de la FFRandonnée dans le cadre d'un contrat avec la DATAR pour la réalisation d'un guide conseil de développement de l a randonnée dans les pays (parution 1999).

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